Haïti : Le Mondial du bonheur !!
Terreur à Cité Soleil, le rara de la joie étouffé par les balles.
PORT-AU-PRINCE — L'effroi a de nouveau saisi la capitale haïtienne. Alors que le pays vibrait pour l'entrée en lice de sa sélection nationale à la Coupe du monde de football, la fête populaire a été balayée par une sauvagerie inouïe. Samedi dernier, le 13 juin 2026, un massacre de masse a transformé les rues de Cité Soleil en un véritable cimetière à ciel ouvert, selon des informations rapportées par Radio France Internationale (RFI).
La musique traditionnelle remplacée par l'horreur
La défaite des Grenadiers face à l'Écosse n'avait pas suffi à doucher l'immense fierté des habitants. Dans une tentative désespérée d'oublier la dictature des armes le temps d'une soirée, une foule immense issue des quartiers de Wharf Jérémie, de Pont Rouge et de Chancerelles est descendue dans la rue.
Au son du rara, les trompettes et les percussions traditionnelles rythmaient ce défilé de la joie auquel s'étaient mêlés quelques membres de groupes armés locaux. Mais cette communion populaire a brutalement basculé dans le cauchemar en atteignant le quartier de Belekou. Sans sommation, les membres du gang local ont ouvert le feu à l'arme automatique sur la foule compacte et sans défense.
Un bilan terrifiant : 61 morts, dont un enfant de 7 ans
Le chaos qui a suivi les détonations laisse derrière lui un paysage de désolation. Selon un bilan provisoire communiqué par une source diplomatique à RFI, 61 personnes ont perdu la vie au cours de cette fusillade aveugle.
Parmi les cadavres gisant sur le macadam figurent de nombreuses femmes et des enfants. La plus jeune victime identifiée était un petit garçon âgé de seulement 7 ans. Des membres de gangs rivaux ont également été abattus lors des affrontements, tandis que plusieurs habitants, pris au piège de la zone de guerre, ont été séquestrés par les assaillants.
L'impossible trêve dans l'enfer des gangs
Fritznel Pierre, directeur exécutif de l'ONG Combite pour la Paix et le Développement (CPD), s'efforce depuis le drame de recueillir les témoignages des survivants pour reconstituer le fil de cette nuit sanglante. Son constat est sans appel : à Cité Soleil, commune entièrement sous la coupe de factions armées rivales, même la messe universelle du football ne peut garantir une trêve.
Ce nouveau carnage rappelle cruellement que les civils haïtiens demeurent les premières cibles d'une guerre des gangs impitoyable, où les symboles d'unité nationale sont systématiquement broyés par la violence de rue.
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