CUBA BRÛLE-T-IL ? Face aux fusils de La Havane, Washington jette l'essence des sanctions
À LA HAVANE – C’est un réveil aux allures de veillée d’armes. Ce vendredi 22 mai 2026, les lueurs de l'aube n'avaient pas encore touché le célèbre Malecon de La Havane qu'une marée humaine submergeait déjà le front de mer. Des milliers de Cubains, visages fermés et drapeaux au poing, se sont massés au pied de l’ambassade des États-Unis. Le message envoyé au puissant voisin américain est sans équivoque : face aux menaces de Washington, l'île est prête à s'embraser.
L'étincelle : Raúl Castro inculpé pour « meurtre »
La mèche a été allumée par le Département de la Justice américain. En inculpant formellement Raúl Castro, 94 ans, pour « meurtre » et complot en vue d’assassiner des Américains, les États-Unis ont touché au cœur du récit national cubain. Si le vieux leader, affaibli, n'est pas apparu aux côtés du président Miguel Díaz-Canel, son ombre flottait sur la foule.
Pour les manifestants, ces accusations ne sont qu’un écran de fumée. « C’est une calomnie, un prétexte auquel seuls les Américains croient », tranche Sergio, ouvrier, brandissant le portrait du vieux guérillero de la Sierra Maestra.
« Mon fusil attend son nom » : la rhétorique de la guerre
Dans la foule composée en nombre de réseaux de jeunesse et de fonctionnaires, la peur du blocus a laissé place à une rhétorique de combat ultra-souverainiste. L'ombre d'une intervention militaire américaine ne fait plus trembler ; elle radicalise.
« S’ils interviennent, mon fusil est prêt. Il attend juste mon empreinte », lâche Douniesky, fonctionnaire au Commerce extérieur. Une détermination brute qui illustre le fossé psychologique séparant les deux rives du détroit de Floride : là où Washington voit une dictature à genoux, le régime réactive les réflexes de la guerre d'usure.
L’asphyxie économique : l'arme fatale de Washington ?
Pourtant, la réalité matérielle est tout autre. Derrière les slogans, Cuba étouffe sous une pression économique sans précédent en 2026 :
- L'embargo pétrolier imposé en début d'année par les États-Unis paralyse les infrastructures de l'île.
- Le ciblage direct de GAESA, le surpuissant conglomérat militaire qui contrôle le tourisme et l'économie locale, vise à couper les derniers vivres financiers du pouvoir.
Pour l’opposition en exil, menée par des figures comme l'ancien prisonnier politique José Daniel Ferrer, cette stratégie d'asphyxie est la seule voie possible pour provoquer l'effondrement d'un régime à bout de souffle.
Entre un peuple mobilisé pour sa survie idéologique et une superpuissance décidée à achever économiquement le régime castriste, La Havane joue aujourd'hui son va-tout. Le bras de fer de 2026 ne fait que commencer.
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