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11-Septembre : Le maire de New York sous le feu des critiques à l’approche du 25e anniversaire
September 08, 2026

11-Septembre : Le maire de New York sous le feu des critiques à l’approche du 25e anniversaire

 

11-Septembre : Le maire de New York sous le feu des critiques à l’approche du 25e anniversaire

À quelques jours des commémorations hautement symboliques du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, la ville de New York traverse une tempête politique inédite. Zohran Mamdani, le maire social-démocrate et premier édile musulman de l'histoire de la ville, fait face à une forte pression populaire et politique lui demandant de ne pas se présenter à la cérémonie officielle de Ground Zero. Une pétition citoyenne exigeant son exclusion a franchi la barre symbolique des 100 000 signatures.

D’où vient la fronde ?

La contestation est protéiforme. Elle a d'abord été initiée par le tissu associatif local, menée par un collectif de familles de victimes et de veufs du 11-Septembre, à l’instar de Giovanni Galante.
Très rapidement, l’opposition républicaine s'est emparée du sujet pour en faire un angle d'attaque politique national. Des figures historiques de la politique new-yorkaise sont montées au créneau, notamment l'ancien maire Rudy Giuliani—en poste lors des attaques de 2001—qui s'est dit « personnellement offensé » par la perspective de sa présence, ainsi que l'ex-gouverneur de l'État de New York, George Pataki.

Les raisons de la discorde : qu'est-ce qui lui est reproché ?

Les détracteurs du maire Mamdani n'attaquent pas directement sa confession, mais ciblent ses affiliations de gauche radicale (Democratic Socialists of America), ses prises de position géopolitiques et la teneur de son entourage politique :
  1. La nomination de son conseiller juridique : C'est le principal point de friction. Le maire a nommé Ramzi Kassem comme chef conseiller juridique de la municipalité. Or, cet avocat a notoirement défendu par le passé des détenus de la prison militaire de Guantánamo, dont Ahmed al-Darbi, un membre avéré d'Al-Qaïda lié à des attentats terroristes. Pour les familles des victimes, confier les clés juridiques de la ville à l'ancien avocat d'un terroriste à l'approche des 25 ans du drame est une provocation insupportable.
  2. Des fréquentations jugées ambiguës : La pétition reproche au maire sa proximité avec des influenceurs ou militants de la gauche radicale américaine, comme le streamer Hasan Piker, connu pour avoir déclaré de manière polémique en 2019 que « l'Amérique avait mérité le 11-Septembre ». Bien que le maire ait depuis condamné ces propos, l'opposition estime qu'il ne s'est pas assez distancié de ces sphères.
  3. Le vocabulaire mémoriel : Ses opposants l'accusent d'avoir par le passé utilisé des termes trop passifs ou impersonnels pour décrire les attaques de 2001, préférant insister sur les conséquences géopolitiques et les guerres qui ont suivi plutôt que sur l'idéologie des terroristes islamistes qui ont perpétré le massacre.

La réplique du maire : l'unité avant tout

Face au tollé, Zohran Mamdani a adopté une posture de fermeté institutionnelle. Il a solennellement confirmé qu'il sera présent à Ground Zero pour représenter l'ensemble des New-Yorkais.
Pour désamorcer la crise, le maire a signé deux décrets majeurs érigeant officiellement le 11-Septembre en journée annuelle mémorielle et de bénévolat, tout en renforçant les budgets de sécurité de la ville contre le terrorisme. Entouré de figures démocrates majeures comme la gouverneure Kathy Hochul et le sénateur Chuck Schumer, qui soutiennent tous deux sa légitimité à siéger, le maire a rappelé son « amour profond pour New York et le pays », affirmant vouloir recentrer le débat sur le deuil des familles et le sacrifice héroïque des premiers secours.

Décryptage : Scandaleux ou pas ?

La qualification de cette affaire dépend de la sensibilité politique et mémorielle de chacun, ce qui explique pourquoi elle fracture si profondément New York.
  • Pourquoi certains jugent la situation scandaleuse : Pour les opposants et une partie des familles de victimes, le scandale réside dans les choix politiques du maire. Ils estiment que Ground Zero est un sanctuaire national qui exige une clarté morale absolue. À leurs yeux, élever un avocat ayant défendu Al-Qaïda au rang de plus haut conseiller de la ville piétine la mémoire des 2 700 morts et constitue une insulte directe envers ceux qui portent encore les stigmates physiques et émotionnels du drame.
  • Pourquoi d'autres crient à l'instrumentalisation scandaleuse : À l'inverse, pour les soutiens du maire et une large majorité de New-Yorkais (un récent sondage Suffolk indiquant que 74 % des votants estiment qu'il doit y assister), le véritable scandale est l'exploitation politique d'une tragédie nationale à des fins partisanes par la droite républicaine. Ils rappellent que défendre un accusé à Guantánamo relève du droit constitutionnel américain et ne rend pas l'avocat complice du terrorisme. De plus, ils dénoncent des relents d'islamophobie sous-jacents visant à délégitimer le premier maire musulman de la ville dans l'exercice de ses fonctions républicaines les plus solennelles.



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