Justice : Cédric Jubillar avoue le meurtre de Delphine et promet de livrer son corps
Le couperet est tombé, mais pas là où on l'attendait. Après six années d'un bras de fer psychologique avec la justice et un déni qui semblait inébranlable, Cédric Jubillar est passé aux aveux. Celui qui a fait de l'absence de corps son bouclier vient de briser le silence dans un courrier manuscrit, ouvrant enfin la voie à la vérité.
16 décembre 2020 : La nuit où tout a basculé
Tout commence dans la petite commune de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. En pleine nuit, Cédric Jubillar signale la disparition de son épouse, Delphine, une infirmière de 33 ans et mère de leurs deux enfants. Il affirme qu'elle est sortie promener les chiens et n'est jamais revenue.
Très vite, le comportement du mari intrigue. Alors que les battues s'organisent et que la France entière s'émeut, Cédric Jubillar affiche une désinvolture qui choque : il joue aux jeux vidéo, se montre provocateur avec les journalistes et semble plus préoccupé par sa nouvelle liberté que par la disparition de la mère de ses enfants.
Six ans de mensonges et de déni
Pendant près de 2 000 jours, l'homme a maintenu la même ligne : "Je n'y suis pour rien". Mis en examen et placé en détention à l'isolement dès juin 2021, il a survécu à des dizaines d'interrogatoires sans jamais flancher.
Son emprisonnement, pourtant, ne reposait sur aucune preuve "irréfutable" (pas de sang, pas d'arme, pas de corps), ce qui a nourri une immense polémique judiciaire. La justice française a dû bâtir son accusation sur ce qu'on appelle un faisceau d'indices graves et concordants :
- Le mobile du divorce : Delphine voulait le quitter pour un "amant de Montauban". Cédric, sans emploi stable et dépendant financièrement, ne l'acceptait pas.
- Les lunettes brisées : Une paire de lunettes appartenant à Delphine a été retrouvée en morceaux sous un canapé, signe d'une lutte violente que l'accusé n'a jamais pu expliquer.
- Le témoignage du fils : Louis, l'aîné du couple, a raconté aux enquêteurs avoir entendu une dispute et vu ses parents se bousculer ce soir-là.
- Les cris dans la nuit : Des voisines ont témoigné avoir entendu des "cris d'effroi" vers 23h00, heure correspondant à la disparition.
Le revirement : Pourquoi maintenant ?
Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025, Cédric Jubillar semblait s'être résigné à son sort. Mais à deux mois de son procès en appel, tout a changé.
Sous l'impulsion de son nouvel avocat, Me Pierre Debuisson, le "peintre-plaquiste" a fini par craquer. Dans sa confession, il évoque une dispute qui a mal tourné, confirmant la thèse d'un crime passionnel qui a dégénéré. Plus important encore : il se dit prêt à localiser la dépouille de Delphine. Celle-ci se trouverait à proximité du domicile familial.
La fin d'un calvaire pour les proches
Pour la famille de Delphine Aussaguel, ces aveux sont un mélange de douleur et de soulagement. Depuis six ans, ils vivaient dans l'incertitude insupportable de ne pas savoir où elle se trouvait.
La découverte prochaine du corps, si les indications de Cédric Jubillar s'avèrent exactes, permettra enfin de donner une sépulture à l'infirmière et, peut-être, de clore l'un des chapitres les plus sombres de la chronique criminelle française.
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