Guylaine Conquet : De l’écran à la toile, la voix du cheveu afro en résidence à Atlanta
L'ancienne journaliste vedette de France Télévisions en Guadeloupe, Guylaine Conquet, s'est imposée en quelques années aux États-Unis comme une figure majeure de « l'artivisme » contemporain. À travers ses œuvres narratives et son concept du Crown Script, elle mène un combat mondial contre la discrimination capillaire. Elle pose aujourd'hui ses valises et ses pinceaux en plein cœur d'Atlanta pour une résidence d'exception.
PORTRAIT D'ARTISTE
• Nom : Guylaine Conquet (Projet "Just Afro")
• Origine : Guadeloupe
• Métiers : Journaliste, Autrice, Artiste Peintre Figurative Narrative
• Résidence actuelle : Central Library d'Atlanta (Studio A)
• Dates clés : Du 5 octobre 2026 au 23 janvier 2027
Le micro posé pour les pinceaux : Une prise de conscience nécessaire
Pendant plus de deux décennies, le visage et la voix de Guylaine Conquet ont rythmé le quotidien de la Guadeloupe sur les antennes de Guadeloupe La 1ère (France Télévisions). Pourtant, derrière le glamour des plateaux télévisés se cachait une injonction invisible mais féroce : celle de lisser ses cheveux ou de porter des extensions pour correspondre aux standards de beauté eurocentrés.
C'est en janvier 2015 que le déclic se produit. Victime de graves dommages capillaires liés aux défrisages chimiques, elle décide d'apparaître pour la première fois à l'écran avec ses cheveux crépus naturels. Ce geste de réappropriation intime marque le début d'une quête artistique et politique. Exilée aux États-Unis — d'abord en Floride puis à Atlanta —, elle décide de coucher cette histoire, qui est aussi celle de millions de femmes de la diaspora africaine, sur la toile.
« Just Afro » : L'art au service de la loi
Sous la bannière de sa marque et philosophie Just Afro, Guylaine Conquet crée des peintures figuratives narratives d’une puissance chromatique rare. Ses œuvres déconstruisent les stéréotypes coloniaux en retraçant l'histoire des coiffures traditionnelles africaines (symboles de statut, de lignage et de spiritualité), la violence des tontes de l'esclavage, jusqu'aux luttes modernes.
Son engagement dépasse les galeries d'art pour s'inscrire dans le marbre de la loi. C'est elle qui, révoltée par les cas persistants de discrimination capillaire, a alerté et collaboré main dans la main avec le député guadeloupéen Olivier Serva. Ensemble, ils ont porté une proposition de loi historique visant à interdire et pénaliser la discrimination capillaire en France. En prélude aux débats, ses toiles ont été exposées à l'Assemblée nationale pour sensibiliser les parlementaires. Le texte a été adopté le 28 mars 2024, faisant de la France un pays pionnier à l'échelle nationale.
Pour prolonger cette transmission, elle a publié deux ouvrages phares :
- The Spirit of My Hair: Reclaiming Identity, Heritage, and Pride through the Story of Black Hair (un essai mémoriel et historique). https://www.amazon.com/dp/B0G2FB8VFQ?tag=bk00010a-20&th=1&psc=1&geniuslink=true
- My Hair Story, un livre jeunesse illustré pour apprendre aux petites filles à chérir leur couronne naturelle.
L'actualité : Une résidence d'art vivant au cœur d'Atlanta (2026-2027)
Aujourd'hui, Atlanta accueille la plénitude de son talent. Dans le cadre du programme Central Artist Corner, Guylaine Conquet investit un espace hautement symbolique : un lieu de savoir, de culture et de communauté.
- Où : Au Studio A (1er étage) de la Central Library d'Atlanta (Fulton County Library System), située à One Margaret Mitchell Square.
- Quand : Du 5 octobre 2026 au 23 janvier 2027.
- L'événement : Une journée "Open House" de lancement est organisée le 5 octobre 2026 durant les heures d'ouverture de la bibliothèque pour permettre au public de découvrir l'installation originelle.
Pendant ces trois mois, la bibliothèque se transforme en un atelier vivant. Les visiteurs pourront interagir avec l'artiste et explorer l'évolution de ses concepts, notamment le « Crown Script », une technique ou expression visuelle unique par laquelle elle intègre la géométrie, la sémantique et la texture des cheveux texturés comme une forme d'écriture graphique de la mémoire collective.
En faisant entrer le cheveu afro et ses récits de résilience dans les institutions publiques de Géorgie, Guylaine Conquet prouve une fois de plus que l'art n'est pas qu'esthétique : il est un vecteur essentiel de justice sociale et de dignité.
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