FIN DE CYCLE DRAMATIQUE POUR LES BLEUS : Une défaite historique face à l'Angleterre scelle les adieux de Didier Deschamps
Le match pour la troisième place de la Coupe du monde s’est transformé en un thriller ahurissant à dix buts (4-6). Plombée par une première période indigne, l’équipe de France s’est réveillée trop tard pour offrir une sortie triomphale à son sélectionneur. Une page se tourne dans la douleur avant l’ouverture imminente du chapitre Zinédine Zidane.
Un scénario surréaliste : Deux matchs en un
Ce choc de fin de tournoi aura proposé un contraste si saisissant qu’il a donné l'illusion de voir deux matchs totalement différents en l'espace de 90 minutes. D’un côté, une première période à sens unique où les Bleus ont coulé sans réagir ; de l’autre, une seconde mi-temps de pure folie où la France s'est transformée en une redoutable machine offensive, frôlant l'insensé.
Le premier match : Le naufrage initial d’une équipe sans âme
Le coup d'envoi a immédiatement mis en lumière le fossé d'implication entre les deux sélections. Face à une équipe d'Angleterre rigoureuse et agressive, les joueurs français ont affiché une passivité coupable, donnant l'impression de disputer une simple rencontre amicale.
La sanction a été immédiate et brutale. En l’espace de 25 minutes, Declan Rice a pris le contrôle du milieu de terrain, s’offrant d’abord l’ouverture du score avant de délivrer une passe décisive sur corner pour le défenseur Ezri Konsa. Totalement abandonné par sa défense, Mike Maignan a subi les vagues britanniques dans ses six mètres. À la 37e minute, Bukayo Saka a corsé l'addition (3-0), avant de s'offrir un doublé dans le temps additionnel de la première mi-temps (45+1e). Rentré aux vestiaires sur le score humiliant de 4-0, le groupe France affichait une attitude profondément critiquée à l'égard du maillot et de son entraîneur. Le constat provisoire était alors sans appel : les joueurs ont humilié le coach Deschamps pour sa dernière.
Le second match : Le sursaut d'orgueil et la folie offensive
Particulièrement affecté par cette prestation qu'il a qualifiée de « catastrophique », Didier Deschamps a livré un constat sans concession à la mi-temps. Refusant de chercher des excuses, le sélectionneur a fustigé le manque de détermination de ses troupes : « On n'a pas le droit de faire ça. Pas comme ça quoi ». Délaissant l'aspect purement tactique pour en appeler à l'orgueil de ses hommes, il a rappelé qu'il s'agissait simplement d'« une question d'honneur et de fierté par rapport à ce qui est l'équipe de France ». Joignant les gestes aux paroles, il a opéré un choix fort en effectuant quatre changements simultanés : Ousmane Dembélé, Lucas Digne, Dayot Upamecano et Bradley Barcola ont été lancés au début de cette « deuxième rencontre ».
Ce traitement de choc a transfiguré le visage des Bleus, lançant un tout autre match. Dès la 47e minute, Kylian Mbappé a sonné la révolte en réduisant l'écart, s’emparant temporairement de la tête du classement des buteurs du tournoi. L'électrochoc s'est poursuivi à la 54e minute avec un but de Bradley Barcola (2-4), suivi d'un doublé de Kylian Mbappé à la 66e minute (3-4).
Alors que l'espoir d'une remontée historique devenait tangible, une lourde erreur défensive de Malo Gusto a provoqué un penalty pour l'Angleterre. Bukayo Saka ne s'est pas fait prier pour inscrire un triplé et doucher l'enthousiasme français (3-5). Malo Gusto a immédiatement été remplacé par Jules Koundé. En toute fin de match, le scénario est devenu totalement fou : Ousmane Dembélé a inscrit un superbe but à la 95e minute (4-5), mais Jude Bellingham a définitivement scellé le sort de la rencontre quelques instants plus tard en inscrivant le sixième but anglais (4-6).
Des adieux teintés de regrets pour la légende Deschamps
Au coup de sifflet final, le sentiment d’un gâchis immense prédominait face à ces deux visages. Kylian Mbappé a tenté d'expliquer ce double visage en concédant que la première période avait pu donner l'impression d'un « foutage de gueule » et d'un manque de respect flagrant. Le capitaine tricolore a évoqué un groupe « complètement sonné » et trop « humain » à l'entame du match : « malheureusement, nous, on peut pas se permettre d'être humain », avant que la claque reçue ne les transforme à nouveau en « machines de mental » en seconde mi-temps. Kylian Mbappé a exprimé ses profonds regrets pour son sélectionneur, reconnaissant que « la première mi-temps donne l'impression qu'on l'a laissé tomber », tout en affirmant que ce naufrage ponctuel « ne va pas entacher la légende de Didier Deschamps ».
Sur le plan personnel, Kylian Mbappé entre un peu plus dans l'histoire en atteignant la barre des 10 buts, devenant provisoirement le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde, un but devant Lionel Messi avant la finale. Une distinction honorifique que l'attaquant français a accueillie avec beaucoup de détachement, avouant qu'« il aurait aimé ne pas être le meilleur buteur de l'histoire et jouer des mauvais matchs » si cela avait pu changer l'issue de la rencontre.
Didier Deschamps quitte donc ses fonctions sur ce score de tennis ahurissant. S'il a pu apprécier la réaction de caractère de ses troupes après la pause, la faillite collective des 45 premières minutes restera comme l'ultime ombre de son immense mandat. La page Deschamps se tourne, le chapitre de DD se referme sur un désenchantement et commence le chapitre de ZZ (Zidanne).
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