Un an de prison ferme requis contre Dieudonné pour apologie du terrorisme et injure publique
PARIS – Le parquet de Paris a requis, le mercredi 17 juin 2026, une peine d'un an de prison ferme et 20 000 euros d'amende à l'encontre du polémiste Dieudonné M'Bala M'Bala. L'humoriste multi-condamné est jugé devant le tribunal correctionnel pour « apologie du terrorisme » et « injure publique » envers une personne dépositaire de l'autorité publique.
Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu le 17 septembre 2026.
L'origine de l'affaire : des vidéos sur le réseau social X
Les poursuites visent deux vidéos distinctes publiées par le prévenu à l'automne 2023 sur la plateforme X (anciennement Twitter).
La première séquence, diffusée peu après les attaques du 7 octobre au Proche-Orient, contient des propos que l'accusation qualifie d'apologie du terrorisme. Dans la seconde vidéo, Dieudonné s'en prend directement au préfet de police de Paris et actuel ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, le qualifiant notamment de « criminel en bande organisée ».
À la barre, Dieudonné a clamé son innocence, invoquant le droit à la satire et affirmant que ses propos avaient été sortis de leur contexte humoristique.
Une réquisition sévère justifiée par le passif judiciaire
Pour la procureure de la République, la gravité des faits et le profil du prévenu justifient une peine de prison ferme sans aménagement automatique. Le ministère public a rappelé que l'homme de 60 ans totalise plus d'une trentaine de condamnations judiciaires, principalement pour provocation à la haine, antisémitisme ou fraudes financières.
La représentante du parquet a insisté sur le fait que la réitération de ces infractions démontrait un refus délibéré de se conformer aux lois de la République.
Vers une incarcération effective ?
Bien que Dieudonné ait déjà été condamné à de la prison ferme par le passé, il n'a jamais été incarcéré au sein d'un établissement pénitentiaire français. En 2021, sa condamnation en appel à deux ans de prison ferme pour fraude fiscale et blanchiment avait été immédiatement aménagée sous la forme d'une détention à domicile avec bracelet électronique.
La décision du 17 septembre prochain déterminera si le tribunal suit les réquisitions du parquet, ce qui pourrait cette fois-ci conduire le polémiste derrière les barreaux, sauf aménagement ultérieur accordé par un juge des peines.
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