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Barbancourt : le joyau économique d'Haïti asphyxié par les gangs
May 13, 2026

Barbancourt : le joyau économique d'Haïti asphyxié par les gangs



 Barbancourt : le joyau économique d'Haïti asphyxié par les gangs

PORT-AU-PRINCE – C'est un cri d'alarme qui résonne bien au-delà de la Plaine du Cul-de-Sac. La Société du Rhum Barbancourt, véritable poumon économique pesant près de 40 millions de dollars de chiffre d'affaires annuel, vacille sous les assauts répétés des bandes armées. L'assassinat récent d'un employé n'est que la partie émergée d'une guerre d'usure qui menace d'engloutir l'une des dernières fiertés nationales.
"Zone Perdue" : L'économie en état de siège
La situation est devenue si critique que Barbancourt a dû former une coalition d'urgence avec d'autres géants industriels (comme la Brasserie de la Couronne). Ensemble, ils dénoncent la transformation de la zone aéroportuaire en une "nouvelle zone perdue". Les impacts sur la production sont dévastateurs :
  • Terres brûlées : Les affrontements ne se limitent plus aux rues ; les gangs ont incendié près de 8 hectares de champs de canne à sucre, matière première vitale pour la distillerie.
  • Services suspendus : Face au danger, la Fondation Barbancourt a dû stopper net ses activités caritatives (distribution d'eau, soins médicaux, sport) pour ne pas exposer les riverains et son personnel aux tirs croisés.
Une stratégie de survie désespérée
Pour la PDG Delphine Gardère, la priorité a basculé de la croissance à la survie pure et simple. La stratégie de sécurité de l'entreprise ne repose plus sur la protection des sites, devenue quasi-impossible sans soutien étatique, mais sur le retrait tactique :
  • Repli forcé : L'arrêt des œuvres sociales est un aveu d'impuissance face à une violence qui ne respecte plus aucune neutralité.
  • Appel à l'aide international : En médiatisant la crise, l'entreprise tente de forcer la main à un État absent, rappelant que la paralysie de Barbancourt menacerait des milliers d'emplois directs et indirects dans une région déjà sinistrée.
Le sang sur la bouteille
Malgré les efforts pour maintenir les machines en marche, le bilan humain continue de s'alourdir. "Jusqu'à quand ?" demande Delphine Gardère, alors que ses employés, ciblés par les kidnappings et fauchés par les balles perdues, paient de leur vie le simple fait de vouloir travailler.
Sources vérifiées :
  • RFI (Radio France Internationale) & Peterson Luxama : Rapports sur la violence et la mort de l'employé.
  • Bloomberg / AP : Données sur l'incendie des 8 hectares et la déclaration de "zone perdue" des industriels.
  • Rapports financiers publics : Estimations du chiffre d'affaires.


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