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Haïti : une rentrée scolaire sous le signe de la peur
September 15, 2026

Haïti : une rentrée scolaire sous le signe de la peur

 

© UNICEF/ Héraut Joseph 

Haïti : une rentrée scolaire sous le signe de la peur 

Une semaine après la reprise officielle des cours, des centaines de milliers d’enfants et d’adolescents haïtiens restent coupés des salles de classe. La promesse républicaine de l’école pour tous est aujourd’hui brisée par la domination des groupes armés, particulièrement dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Des actes d’une violence extrême, tels que l’enlèvement de jeunes élèves sur le chemin de l’école dès les premiers jours de la reprise, illustrent le danger quotidien qui pèse sur les mineurs.
Le cri d’alarme de Nesmy Manigat
Face à ce constat dramatique, l’ancien ministre de l’Éducation nationale et actuel conseiller du Partenariat mondial pour l’éducation, Nesmy Manigat, insiste sur l’urgence d’une mobilisation internationale. Selon lui, il ne s’agit pas seulement d’une rentrée manquée, mais d’un véritable effondrement du tissu social. Le manque criant de professeurs, l’absence de mesures de sécurité garantissant la sérénité des apprentissages et la destruction des repères institutionnels menacent de sacrifier une génération entière.
Des infrastructures et un corps enseignant laminés
Le paysage éducatif haïtien est profondément mutilé par les crises successives :
  • Des écoles transformées en refuges : de nombreux établissements scolaires ne peuvent plus accueillir d’élèves car ils servent de camps de fortune pour les familles déplacées par la violence des gangs.
  • La fuite des compétences pédagogiques : privés de salaires réguliers, menacés d’extorsion ou contraints à l’exil, les enseignants désertent massivement les zones à haut risque.
  • Le silence des salles vides : le manque chronique de financements paralyse la reconstruction et la sécurisation des rares structures encore debout.
L’avenir de la jeunesse haïtienne dépend désormais d’un sursaut national et d’un appui logistique et financier massif de la communauté internationale. C'est la condition indispensable pour transformer les écoles en sanctuaires protégés et redonner vie aux classes désertées.
                                         (Image d'illustration) AP - Joseph Odelyn

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