Chaos à Haïti : Les gangs frappent au cœur du pouvoir, qui tire les ficelles ?
Par la rédaction de French Boulevard
Port-au-Prince replonge dans la terreur. En quelques semaines, les gangs armés ont franchi un nouveau cap ultra-violent. Ils ciblent désormais directement les hauts fonctionnaires de l’État et les grandes fortunes du pays.
Samedi 25 juillet, l'homme d'affaires Clifford Handal et son père ont survécu de justesse à une tentative d'enlèvement à Delmas 33. Leur salut ? Les vitres blindées de leur véhicule, criblé de balles. Cet assaut spectaculaire confirme une tendance noire : personne n'est à l'abri.
Une liste noire qui s'allonge
La capitale haïtienne subit une vague de kidnappings ciblés très inquiétante. En peu de temps, plusieurs personnalités ont été visées :
- James Boyard (Directeur de cabinet au ministère de la Défense) – Enlevé.
- Ecclésiaste Télémaque (Directeur de cabinet à l’Éducation nationale) – Enlevé.
- Clifford Handal (Homme d'affaires) – Rescapé d'une tentative de rapt.
Les groupes armés contrôlent la majorité des quartiers stratégiques de Port-au-Prince. Ils étendent leur emprise jour après jour.
Plus qu'un business : une arme politique
Oubliez le simple racket pour de l’argent. Le kidnapping est devenu un véritable outil de pouvoir. En ciblant l'élite économique et politique, les criminels cherchent à :
- Humilier l'État en montrant sa faiblesse.
- Négocier des privilèges ou obtenir des secrets.
- Paralyser les ministères et bloquer les institutions.
- Asseoir leur contrôle total sur le territoire par la terreur.
Qui orchestre ces attaques ?
La police nationale (PNH) garde le silence et aucune preuve n'incrimine un groupe précis. Toutefois, les zones des attaques (Delmas, Pétion-Ville, Bourdon) sont le terrain de chasse de la coalition de gangs Viv Ansanm et d'autres cellules autonomes. Ces réseaux criminels possèdent des informateurs infiltrés partout. Ils connaissent les moindres déplacements des personnalités influentes.
Une économie à genoux
L'impact de cette insécurité est dévastateur pour le pays :
- Fuite des capitaux : Les entrepreneurs gèlent leurs investissements.
- Paranoïa logistique : Les entreprises s'enferment derrière des blindages et des gardes armés.
- Pays asphyxié : L'ONU alerte sur l'effondrement humanitaire et économique lié à ce blocus criminel.
Stratégie globale ou chaos opportuniste ?
Une question cruciale demeure : ces enlèvements de haut vol font-ils partie d'un plan coordonné pour renverser le reste des institutions, ou s'agit-il de coups isolés ? Faute d'enquêtes judiciaires sérieuses, les commanditaires restent dans l'ombre. Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si la police peut stopper cette terrible hémorragie.
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