New York : une nouvelle loi interdit à la police locale de collaborer avec l'ICE
New York dresse un mur légal contre la police de l'immigration de Donald Trump
Face à l'explosion des arrestations de migrants, la gouverneure de l'État de New York, Kathy Hochul, a promulgué une loi interdisant la collaboration de la police locale avec l'ICE. Une contre-offensive directe face à la politique migratoire de la Maison-Blanche, malgré la fronde de certains comtés républicains.
Par la rédaction de French Boulevard
Publié le 26 août 2026
Le bras de fer entre l'État de New York et l'administration fédérale de Donald Trump vient de franchir un cap décisif. Face à la multiplication des opérations de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement), la police de l'immigration américaine, le pouvoir exécutif new-yorkais a choisi de couper les ponts. Une nouvelle loi, entrée en vigueur immédiatement, interdit désormais formellement aux forces de l'ordre locales de coopérer avec les agents fédéraux pour les simples questions de statut migratoire.
Désormais, la ligne rouge est claire : « La police locale n’interviendra aux côtés de l’ICE qu’en cas de crime ou de délit avéré. Pour les questions d’immigration, l’ICE agira seule », a martelé la gouverneure démocrate Kathy Hochul.
Un bouclier face à une « institution hors de contrôle »
Cette législation retire aux policiers locaux l'habilitation de participer aux opérations fédérales et leur interdit de placer des immigrés en détention dans les prisons locales pour le compte de l'ICE. En juillet 2026, plus de 1 500 personnes ont été arrêtées rien que dans l'État de New York, qui abrite l'une des plus importantes populations immigrées du pays. À l'échelle nationale, l'ICE a revendiqué près de 50 000 arrestations sur le seul mois de juillet, un record historique depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Pour la gouverneure Hochul, ces méthodes agressives, parfois mortelles, justifient une rupture totale de collaboration. « L'ICE a recours à des tactiques dangereuses et agressives pour mener à bien ses opérations », a-t-elle insisté. « À partir d'aujourd'hui, elle ne pourra plus faire appel aux forces de police locales pour mettre en œuvre la politique d'immigration agressive de l'administration Trump. La police locale n'apportera plus d'aide à cette institution hors de contrôle qui dispose de 85 milliards de dollars de budget. Les policiers locaux ne sont plus habilités à participer à des opérations désordonnées, chaotiques et violentes. »
La fronde locale de la droite républicaine
Si la loi s'applique théoriquement à l'ensemble du territoire new-yorkais, l'unanimité est loin d'être acquise. Sur les 62 comtés que compte l'État, deux ont déjà annoncé qu'ils refusaient de se conformer à cette directive.
Parmi les frondeurs, Bruce Blakeman, le président républicain du comté de Nassau (Long Island), est directement visé par les tirs de barrage d'Albany, la capitale de l'État. Ce refus de soumission augure une intense bataille juridique et politique entre les bastions conservateurs locaux, partisans d'une ligne dure sur la sécurité, et le gouvernement de l'État, résolu à sanctuariser ses résidents étrangers.
En érigeant cette barrière légale, New York se repositionne en leader de la résistance des « États sanctuaires » face au rouleau compresseur de la politique migratoire de Washington. Reste à savoir jusqu'où la Maison-Blanche et le ministère de la Justice laisseront New York entraver ses ambitions d'expulsions massives.
No comments