Home
Carnage à Kenscoff : la terreur des gangs pousse Haïti au bord du gouffre
August 25, 2026

Carnage à Kenscoff : la terreur des gangs pousse Haïti au bord du gouffre

Gang HaïtiGang Haïti

 Carnage à Kenscoff : la terreur des gangs pousse Haïti au bord du gouffre


PORT-AU-PRINCE — Le bilan ne cesse de s'alourdir après la nuit d'horreur qui a secoué la commune de Kenscoff, sur les hauteurs de Pétion-Ville. Dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août 2026, une incursion ultra-violente de la coalition de gangs « Viv Ansanm » a plongé cette ancienne oasis de paix dans le sang, faisant au moins 47 morts et des dizaines de blessés selon les derniers bilans locaux et associatifs.
Le modus operandi des assaillants témoigne d'une cruauté absolue. Les bandits armés ont ciblé de plein fouet une église locale qui s'était transformée en camp de fortune pour des centaines de citoyens fuyant déjà les exactions de la capitale. "Une nuit de terreur", a résumé le maire de la ville, Massillon Jean, décrivant des exécutions sommaires, des tirs à l'arme lourde et des enlèvements de masse.
Des témoignages de détresse absolue
Sur place, les survivants oscillent entre le traumatisme et la fureur. Une habitante prénommée Marlène incarne à elle seule le drame humanitaire qui se joue : les bandits ont forcé sa porte, avant d'abattre son mari qui tentait de résister, ainsi que son frère. Elle se retrouve aujourd'hui seule, en larmes, pour nourrir ses cinq enfants. Un autre rescapé sexagénaire raconte avoir échappé au massacre de justesse avec sa famille en escaladant un mur pour se cacher sous des tôles, après avoir initialement confondu les tirs de gangs avec une intervention policière.
Face au carnage, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a exprimé sa « profonde compassion » et promis l'envoi immédiat de renforts de police pour sécuriser la zone. Des déclarations qui sonnent creux pour la population civile, excédée par l'impuissance chronique de l'État alors que les gangs grignotent les derniers bastions sécurisés du pays depuis le début de l'année 2025.
L'impossible horizon démocratique
Ce massacre intervient dans un calendrier politique théoriquement décisif. Le gouvernement de transition maintient, pour l'heure, son objectif d'organiser des élections présidentielles et législatives d'ici la fin de l'année 2026. Cependant, la réalité du terrain rend ce projet chaque jour plus illusoire. La coalition de gangs contrôle désormais plus de 80 % de la région métropolitaine et s'étend agressivement vers les zones agricoles et montagneuses, coupant les routes et paralysant le pays.
Note de la rédaction : Au vu du climat d'insécurité et de la violence omniprésente en Haïti, il est difficile d'imaginer que des élections puissent se tenir dans des conditions optimales. 
 
        Guerinault Louis/ANADOLU/Anadolu via AFP

No comments