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CAN 2032 ou 2036 : Entre ambition politique et dures réalités, le défi colossal de la Guinée
August 22, 2026

CAN 2032 ou 2036 : Entre ambition politique et dures réalités, le défi colossal de la Guinée

 

CAN 2032 ou 2036 : Entre ambition politique et dures réalités, le défi colossal de la Guinée

La Guinée a officiellement franchi le pas. Vendredi 21 août 2026, le gouvernement guinéen a déposé son dossier de candidature pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), ciblant les éditions 2032 ou 2036. Porté par le Premier ministre Bah Oury et qualifié de « priorité nationale » par la présidence, ce projet redonne espoir au football guinéen après le traumatisme du retrait de la CAN 2025. Pourtant, derrière les discours optimistes et l'effet domino de la récente homologation du stade du 28-Septembre de Conakry, se cache une réalité financière et structurelle vertigineuse.

Une ambition politique pour tourner la page

Cette candidature est avant tout un symbole fort de résilience et de souveraineté. En se positionnant pour 2032 ou 2036, la Guinée cherche à effacer le revers de 2025, lorsque l’organisation lui avait été retirée faute d'avancement dans les travaux.
Pour les autorités de Conakry, la CAN dépasse le cadre simple du football :
  • Levier économique : Elle est pensée comme un accélérateur pour moderniser le pays.
  • Unité nationale : Le football reste le principal vecteur de cohésion sociale en Guinée.
  • Diplomatie sportive : Revenir sur la scène africaine par la grande porte renforce l'image internationale de l'État.
Cependant, de nombreux observateurs, à l'image de Frank Simon, consultant pour Radio Foot Internationale, y voient avant tout une « ambition politique ». Une volonté d'affichage qui doit maintenant se confronter au principe de réalité.

Le paradoxe de la réalité : l'exil du Syli National

Le contraste entre le rêve d'accueillir l'Afrique entière et le quotidien du football guinéen est saisissant. Ces dernières années, le Syli National a été condamné à l'itinérance. Faute d'enceintes sportives répondant aux critères stricts de la Confédération Africaine de Football (CAF), l'équipe nationale a dû disputer ses matchs « à domicile » à l'étranger, trouvant régulièrement refuge au Maroc.
Bien que la mise aux normes récente du mythique stade du 28-Septembre à Conakry soit une première victoire psychologique et technique, elle reste insuffisante. Organiser une CAN moderne à 24 équipes exige au minimum six à huit stades de classe internationale, répartis sur plusieurs villes du pays.

Les difficultés : un mur d'investissements à franchir

Le chemin menant à 2032 ou 2036 ressemble à une course d'obstacles financière et logistique. Les défis à relever se comptent par dizaines :
  • Infrastructures sportives de masse : Il ne s'agit pas de rénover un seul stade, mais de construire des complexes entiers, des terrains d'entraînement et des vestiaires modernes à l'intérieur du pays.
  • Déficit hôtelier : La Guinée manque cruellement de capacités d'accueil de haut standing pour loger simultanément les sélections, les officiels, les médias et les milliers de supporters attendus.
  • Transports et mobilité : Le réseau routier interurbain et les liaisons aéroportuaires nécessitent une mise à niveau totale pour permettre des déplacements fluides et sécurisés entre les futurs sites de compétition.
  • Facture financière astronomique : Un tel projet se chiffre en centaines de millions de dollars. Dans un contexte économique mondial tendu, le financement de ce « pari audacieux » pèsera lourdement sur les finances publiques.
La Guinée s'est donné du temps en visant des échéances lointaines. Ce choix stratégique est lucide : il offre une fenêtre de six à dix ans pour planifier et bâtir. Mais pour que l'ambition politique de 2026 ne se transforme pas en un nouveau mirage d'ici 2032, le gouvernement devra transformer ses promesses textuelles en chantiers concrets dès les prochains mois. Le compte à rebours est lancé.


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