Le Dr Anthony Fauci, ancien chef de file de la lutte contre le Covid-19 aux États-Unis, est officiellement visé par une recommandation de poursuites judiciaires. Le 6 août 2026, la commission de la Sécurité intérieure du Sénat américain, sous l'impulsion de sa majorité républicaine, a voté à 8 voix contre 7 pour le déclarer coupable d'« outrage au Congrès ». Cette décision fait suite à son audition tumultueuse de la fin juillet 2026, au cours de laquelle le scientifique de 85 ans a opposé un silence quasi-total aux élus.
Les faits : un mûr de silence face aux sénateurs
Convoqué le 29 juillet 2026 pour s'expliquer sur la gestion de la crise sanitaire et l'origine du virus, l'ancien directeur de l'Institut national des maladies infectieuses (NIAID) a refusé de répondre aux questions. Conseillé par ses avocats, il a invoqué le cinquième amendement de la Constitution américaine (qui permet de garder le silence pour ne pas s'incriminer) plus de 100 fois.
Ce blocage a provoqué la fureur du président républicain de la commission, le sénateur Rand Paul. Ce dernier estime que le droit au silence ne s'applique pas au scientifique, puisque le président sortant Joe Biden lui avait accordé une grâce présidentielle préventive au début de l'année 2025 pour le prémunir de poursuites fédérales liées à sa gestion de la pandémie.
De quoi l'accuse-t-on exactement ?
Les griefs portés par les parlementaires républicains se concentrent sur plusieurs points majeurs :
- Entrave aux prérogatives du Congrès : C'est le motif technique de la condamnation pour outrage. Son refus systématique de collaborer empêcherait le pouvoir législatif d'exercer sa mission de contrôle.
- Mensonges sur le financement de la recherche à Wuhan : Rand Paul accuse depuis des années Anthony Fauci d'avoir menti sous serment lors de précédentes auditions concernant l'octroi de fonds américains à des laboratoires chinois (notamment l'Institut de virologie de Wuhan) effectuant des recherches dites de "gain de fonction".
- Dissimulation des origines du virus : Les conservateurs soupçonnent l'ex-conseiller d'avoir délibérément étouffé la thèse d'une fuite de laboratoire au profit d'une origine naturelle de la pandémie.
L'historique : d'expert national à cible politique
La fracture remonte au cœur de la crise sanitaire en 2020. Devenu le visage de la réponse médicale de la Maison-Blanche sous Donald Trump, le Dr Fauci s'était régulièrement opposé publiquement au président républicain de l'époque sur l'efficacité des traitements, le confinement et le port du masque. Protégé ensuite par l'administration de Joe Biden, il est devenu la bête noire des conservateurs, qui l'accusent d'autoritarisme sanitaire et de conflits d'intérêts.
La tension est montée d'un cran récemment avec la publication par les enquêteurs d'extraits de son journal intime privé, révélant ses doutes profonds à l'époque de la crise. De plus, trois procureurs généraux d'États conservateurs (Floride, Virginie-Occidentale et Louisiane) ont lancé des enquêtes locales conjointes, privant Fauci d'une immunité totale, la grâce de Joe Biden ne couvrant que le niveau fédéral.
Quelles suites judiciaires ?
Le dossier est désormais officiellement transmis au département de la Justice (DoJ) américain. Il appartiendra aux procureurs fédéraux de décider s'ils traduisent ou non le médecin devant un grand jury pour outrage criminel. Les élus démocrates, de leur côté, dénoncent une « croisade politique précipitée » et une instrumentalisation du Congrès à des fins électorales.
Pour suivre l'évolution des procédures et consulter les comptes-rendus d'audience complets, vous pouvez vous référer aux reportages de Le Monde ou les analyses détaillées publiées sur Radio-Canada
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