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Affaire Bally Bagayoko : Emploi fictif à la RATP ou cabale politique contre le maire de Saint-Denis ?
August 25, 2026

Affaire Bally Bagayoko : Emploi fictif à la RATP ou cabale politique contre le maire de Saint-Denis ?

 LP/Olivier Lejeune

Affaire Bally Bagayoko : Emploi fictif à la RATP ou cabale politique contre le maire de Saint-Denis ?

Visé par une enquête préliminaire du Parquet national financier (PNF) ouverte le 19 août 2026, l'élu de La France Insoumise (LFI) se retrouve au cœur d'une tempête politico-judiciaire. Les enquêteurs examinent de près les conditions de son cumul de fonctions comme cadre à la RATP et comme élu local depuis plus de vingt ans.

Le PNF saisit le dossier après les révélations du « Canard enchaîné »

Tout s’est accéléré au milieu de l’été 2026. À la suite d’un article au vitriol du journal satirique Le Canard enchaîné intitulé « Le ticket gagnant de Bally Bagayoko », l'association agréée de lutte contre la corruption AC !! Anti-corruption a déposé deux plaintes distinctes auprès de la justice. Moins de deux semaines plus tard, le Parquet national financier (PNF) s'est saisi du dossier en ouvrant une enquête préliminaire. Les chefs d'accusation retenus sont lourds : « détournement de fonds publics, recel et concussion ».
L'enquête, confiée aux policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLIFF), se concentre sur une question centrale : Bally Bagayoko a-t-il bénéficié d'un traitement de faveur ou d'un emploi fictif au sein de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) ?

Salaire de cadre et indemnités d'élu : un cumul sous haute surveillance

Le nœud de l’affaire réside dans la compatibilité et la réalité des deux carrières menées de front par l'édile de Saint-Denis :
  • Un poste de cadre supérieur à temps plein : Bally Bagayoko est salarié de la RATP depuis deux décennies. Selon les plaignants, ses revenus professionnels s'élèvent à plus de 6 000 euros net par mois, incluant diverses primes. Les enquêteurs cherchent à vérifier la matérialité de son travail au quotidien au regard de son emploi du temps extrêmement dense d'élu local.
  • Vingt ans de mandats successifs : Parallèlement à sa carrière à la RATP, Bally Bagayoko a occupé les postes d'adjoint au maire de Saint-Denis, de vice-président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, avant d'être élu maire (LFI) de Saint-Denis. L'association AC !! pointe du doigt une forte hausse de ses indemnités d'élu votée par sa majorité locale, venant s'ajouter à son salaire de la RATP.
  • Le respect des règles administratives : La justice passe au crible l'ensemble des autorisations légales obligatoires permettant à un agent public de cumuler une activité professionnelle d'un tel niveau avec des fonctions exécutives locales de premier plan.

Les arguments d'une défense sereine face à la suspicion

Du côté de la mairie de Saint-Denis, on dénonce fermement une tentative de déstabilisation. Bally Bagayoko rejette l'intégralité des accusations portées contre lui. Selon ses proches, les attaques menées par l'association anti-corruption sont dénuées de fondement matériel et relèvent d'une « manœuvre politique visant à le discréditer » auprès de ses administrés et de son électorat.
L'élu a immédiatement fait savoir par la voix de son entourage qu'il restait à l'entière disposition des enquêteurs et qu'il comptait fournir tous les justificatifs nécessaires (comptes rendus d'activité, agendas, validations hiérarchiques) pour prouver la réalité de son travail à la RATP au cours des dernières années. Sollicitée par les médias, la direction de la RATP a de son côté indiqué qu'elle coopérait pleinement avec la justice pour faire la lumière sur cette affaire.

Quelles suites judiciaires pour le maire ?

Il est crucial de rappeler qu'à ce stade de la procédure, Bally Bagayoko fait l'objet d'une enquête préliminaire et n'est pas mis en examen. Cette phase d’investigation doit permettre au PNF de rassembler les preuves avant de décider des suites à donner.
À l’issue de ces recherches, le procureur financier aura trois options : classer l’affaire sans suite si les accusations s'avèrent infondées, ouvrir une information judiciaire menant à une mise en examen par un juge d'instruction, ou citer directement l’élu à comparaître devant un tribunal correctionnel. L'évolution de ce dossier s'annonce d'ores et déjà déterminante pour l'avenir politique de la municipalité de Saint-Denis.
     [Basile Dubouis / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]


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