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HAITI : ENCORE UN MASSACRE : Haïti sombre, Seguin brûle et l’État s’effondre.
April 15, 2026

HAITI : ENCORE UN MASSACRE : Haïti sombre, Seguin brûle et l’État s’effondre.


ENCORE UN MASSACRE : Haïti sombre, Seguin brûle et l’État s’effondre.

Dans la nuit du 13 au 14 avril, la localité de Seguin (commune de Marigot) est devenue le nouveau théâtre de l’horreur. Alors que la Police Nationale d’Haïti (PNH) célébrait ses récents « trophées » dans la capitale, les gangs ont répondu par le sang dans le Sud-Est. Entre commissariats incendiés, corps sans vie et population en fuite, une question brutale s’impose : comment peut-on encore oser parler d’élections présidentielles alors que le territoire glisse, lambeau par lambeau, entre les mains sanglantes des hors-la-loi ?
Le choc de Seguin : Le Sud-Est n’est plus un sanctuaire
Pendant longtemps, le département du Sud-Est a fait figure de zone de résilience, un dernier bastion de calme relatif face à l’embrasement de Port-au-Prince. Cette illusion a volé en éclats cette nuit. Des hommes lourdement armés ont envahi Seguin avec une férocité inouïe. Le bilan, bien que partiel, fait état de plusieurs morts et de blessés graves.
L’acte est hautement symbolique : le sous-commissariat a été réduit en cendres, tout comme les véhicules de la PNH. En s’attaquant directement aux symboles de l’autorité publique, les gangs ne cherchent pas seulement à piller ; ils procèdent à une éviscération méthodique de l’État. Là où le drapeau flottait, il ne reste que de la fumée noire.
Le « Pied de nez » à la PNH : Entre communication et réalité
Ce massacre intervient dans un timing qui ne doit rien au hasard. Le week-end dernier, la PNH s'affichait fièrement dans certaines artères de la capitale, communiquant massivement sur la « reconquête » de quartiers stratégiques comme le bas de Delmas. Des vidéos circulaient montrant des blindés et des unités spécialisées patrouillant dans des zones autrefois inaccessibles.
Mais l'attaque de Seguin sonne comme une réponse cinglante des chefs de gangs. C’est un message stratégique : « Si vous reprenez une rue à Port-au-Prince, nous brûlerons une ville en province. » Cette stratégie de diversion et de contournement met en lumière l'échec d'une approche purement réactive. La PNH semble jouer à un jeu de "taupe" macabre : elle frappe à un endroit, et le monstre resurgit là où on ne l'attendait plus, visant les populations les plus vulnérables et les moins protégées.
Une guerre contre les civils
Dans ce conflit asymétrique, les « trophées » de guerre ne sont pas des victoires militaires, mais des territoires de terreur. Les seules véritables victimes sont les habitants. À Seguin, comme dans les quartiers occupés de la capitale, les civils sont pris en étau. S’ils collaborent avec la police, ils sont exécutés par les gangs. S’ils restent dans leurs zones, ils servent de boucliers humains.
La population vit dans une psychose permanente. On ne parle plus de « criminalité », mais d’une guerre dont l’objectif est l’annihilation de toute structure sociale. Comment demander à un citoyen de Seguin, qui vient de voir son voisin abattu et son poste de police disparaître, de croire encore en l'avenir ?
Le mirage électoral : Une insulte à la réalité
Au milieu de ce chaos, le discours international et une partie de la classe politique continuent de marteler la nécessité d’organiser des élections présidentielles pour sortir de l’impasse. Dans le climat actuel, cette perspective relève de la pure folie, voire d'une déconnexion totale avec la souffrance humaine.
  1. L'impossibilité logistique : Comment acheminer des urnes et des bulletins de vote dans des zones où les routes sont contrôlées par des snipers et où les bâtiments officiels n'existent plus ?
  2. Le vote sous la menace : Si des élections avaient lieu demain, elles ne seraient pas l'expression de la démocratie, mais celle de la volonté des gangs. Celui qui contrôle le territoire contrôle les voix. Organiser un scrutin dans ces conditions reviendrait à légitimer le pouvoir des armes.
  3. L'absence de sécurité : Aucun candidat ne peut faire campagne, et aucun électeur ne risquera sa vie pour se rendre à un bureau de vote sans la certitude de rentrer chez lui.
Parler d'élections avant d'avoir rétabli une sécurité minimale et durable est, au mieux, une erreur stratégique, au pire, un mépris flagrant pour la vie des Haïtiens.
Réactions officielles : Le vide et le verbe
Du côté des officiels, le scénario est tristement rodé. Les communiqués de presse se succèdent, exprimant « indignation » et « fermeté ». Mais pour les habitants de Marigot, les mots ne remplacent pas les munitions, les blindés ou la présence physique des forces de l'ordre.
La PNH, malgré le courage de certains agents sur le terrain, souffre d'un manque chronique de moyens et d'une coordination qui semble toujours avoir un train de retard sur l'agilité des groupes criminels. Quant au Conseil de Transition, il se retrouve face à l'immensité d'une tâche qui dépasse les simples déclarations d'intention : sans une reprise radicale et pérenne du territoire, son autorité s'arrête aux murs des bureaux de la capitale.
L'urgence d'un sursaut
Si rien n'est fait pour briser ce cycle, l'île entière sera bientôt gérée comme une confédération de fiefs sanglants. Seguin n'est pas un incident isolé, c'est un avertissement. La reconquête de quelques rues à Port-au-Prince ne signifie rien si le reste du pays sombre dans l'abîme.
L'heure n'est plus aux « trophées » médiatiques ou aux promesses électorales chimériques. L'heure est à la survie. Haïti ne demande pas des promesses d'urnes, elle réclame le droit élémentaire de ne pas mourir brûlée dans sa propre maison.
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