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FRANCE - Audiovisuel public : Le rapport Alloncle adopté, vers un big bang des médias français ?
April 28, 2026

FRANCE - Audiovisuel public : Le rapport Alloncle adopté, vers un big bang des médias français ?


AFP

Audiovisuel public : Le rapport Alloncle adopté, vers un big bang des médias français ?

Après six mois de travaux électriques, la commission d’enquête sur le financement et la neutralité de l’audiovisuel public a rendu son verdict. Le rapport du député Charles Alloncle (UDR), adopté de justesse ce lundi 27 avril 2026, propose un véritable électrochoc : un milliard d’euros d’économies et une refonte totale du secteur. Analyse d’un texte qui fragmente la classe politique.
Un vote sur le fil
C’est au terme d’un suspense de plusieurs heures que les membres de la commission se sont prononcés. Avec 12 voix pour et 10 contre, le rapport a été validé. Ce résultat serré témoigne de la fracture profonde au sein de l’Assemblée nationale. Si le camp macroniste et le MoDem se sont montrés très critiques, une partie d’entre eux a permis la publication du texte pour, selon leurs mots, « ne pas censurer le travail parlementaire », tout en annonçant qu’ils en combattraient le contenu.
Les 80 recommandations : Une cure d'austérité sans précédent
Le document de 400 pages, qui sera officiellement publié le 4 mai, ne fait pas dans la demi-mesure. Parmi les propositions les plus marquantes :
  1. Le "Milliard de la discorde" : Le rapporteur préconise de réduire le budget de l’audiovisuel public (actuellement de 4 milliards d’euros) d’un quart. Charles Alloncle estime que la structure actuelle est « budgétivore » et manque d'efficacité.
  2. Fusion France 2 / France 5 : Pour optimiser les moyens, le rapport suggère de regrouper les deux chaînes phares du service public sur un canal commun ou de fusionner leurs rédactions et moyens techniques.
  3. Réforme de la gouvernance : Le texte propose de modifier le mode de nomination des présidents de France Télévisions et Radio France, renforçant potentiellement le poids de l'exécutif, ce que l'opposition qualifie déjà de « dérive vers un nouvel ORTF ».
  4. Publicité accrue ou privatisation larvée : Si la privatisation totale n'est pas le scénario unique, le rapport ouvre la voie à une ouverture plus large aux capitaux privés ou à une régie publicitaire renforcée pour compenser la baisse des dotations d'État.
Vent de panique et colère chez les dirigeants
L’accueil du côté des professionnels est glacial. Au siège de France Télévisions, on dénonce un rapport « à charge » et une « méconnaissance totale des réalités industrielles ».
  • Delphine Ernotte, présidente du groupe, a fustigé une vision qui « affaiblit la culture française face aux géants du streaming ».
  • Les syndicats de journalistes, de leur côté, pointent du doigt les liens révélés durant l'enquête entre certains députés et des groupes de presse privés (notamment Lagardère News), criant au conflit d'intérêts.
Et maintenant ?
L'adoption de ce rapport n'est que la première étape. Le véritable test aura lieu le 25 juin prochain, lors de la niche parlementaire de l'UDR. Charles Alloncle compte y présenter une proposition de loi traduisant ces recommandations en actes législatifs.
Pour les défenseurs du service public, c'est une bataille pour l'indépendance de l'information qui commence. Pour ses détracteurs, c'est l'occasion de mettre fin à ce qu'ils appellent un « monopole idéologique » financé par les contribuables.

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