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« I am sorry » ne suffit plus : Le français l’emporte et pousse le PDG d’Air Canada vers la sortie
March 31, 2026

« I am sorry » ne suffit plus : Le français l’emporte et pousse le PDG d’Air Canada vers la sortie

PHOTOART: MERCA2.

« I am sorry » ne suffit plus : Le français l’emporte et pousse le PDG d’Air Canada vers la sortie.


La nouvelle est tombée lundi dernier, mettant un terme à une semaine de turbulences médiatiques et politiques : Michael Rousseau, PDG d'Air Canada, prendra sa retraite d'ici l'automne 2026. Bien que présentée officiellement comme une transition planifiée, cette annonce survient dans la foulée immédiate d'une controverse linguistique qui aura été la goutte de trop pour le dirigeant.
La « goutte d'eau » : Une tragédie, deux langues, un silence
L'étincelle de ce dernier incendie a été un moment d'une tristesse absolue. À la suite de la collision tragique à l'aéroport LaGuardia ayant coûté la vie à deux pilotes d'Air Canada Jazz — dont Antoine Forest, un Québécois —, Michael Rousseau s'est adressé au public et aux employés dans une vidéo de condoléances.
Le problème ? Le message a été livré presque exclusivement en anglais.
Pour un dirigeant à la tête d'une entreprise assujettie à la Loi sur les langues officielles, dont le siège social est à Montréal, et s'adressant à la famille d'une victime francophone, l'omission a été perçue comme un affront. Les deux seuls mots prononcés en français — « bonjour » et « merci » — ont résonné non pas comme un effort, mais comme le symbole d'un échec persistant à saisir la sensibilité linguistique du pays.
Un passif lourd à porter
Ce n'était pas la première fois que Michael Rousseau se retrouvait dans l'eau chaude pour ces raisons. Dès son arrivée au poste de PDG en 2021, il avait déclenché une tempête en déclarant avoir vécu 14 ans à Montréal sans avoir besoin d'apprendre le français, qualifiant cela de « testament à la ville ».
Malgré des excuses publiques à l'époque et la promesse de suivre des cours de français intensifs, l'incident de la semaine dernière a brutalement rappelé que les progrès étaient, au mieux, minimes. La classe politique, de Québec à Ottawa, s'est emparée de l'affaire, jugeant inacceptable qu'un dirigeant aussi grassement rémunéré (plus de 12 millions de dollars par année) ne puisse s'exprimer convenablement dans la langue officielle de près du quart de la population canadienne.
La recherche du « candidat parfait »
Le départ de Rousseau ouvre désormais la porte à une succession sous haute surveillance. Le conseil d'administration a été clair : la maîtrise du français sera cette fois-ci un critère de sélection incontournable.
L'appel à candidatures vise à dénicher un dirigeant capable de naviguer dans la complexité de l'aviation mondiale tout en pouvant rassurer, inspirer et dialoguer avec les francophones d'un océan à l'autre.
En somme, l’affaire Air Canada nous prouve de manière éclatante que le français et la francophonie ne sont plus une option dont certains peuvent se défaire au gré de leur bon vouloir. En poussant son PDG vers la sortie pour cette faute de parcours, l'entreprise envoie un signal clair : l'unilinguisme au sommet n'est plus toléré. Le prochain pilote aux commandes devra prouver que le bilinguisme n'est pas un fardeau, mais une qualification essentielle pour diriger le transporteur national.
                        Photo: Compounded by Aviation A2Z, credits to Wikimedia and Air Canada

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